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A qui appartient une structure autogérée ?

Mis en ligne par la peniche - 17/08/2005

Un rapport à la propriété différent selon les cas

« Sur la propriété, on a fait un peu n’importe quoi en fait. On n’accordait aucune importance à cette question. On pensait que si un jour il y avait recours à l’idée de propriété, c’est qu’on avait tout simplement tout raté. Donc, tout le monde pouvait être actionnaire du moment qu’il se sentait partie prenante du projet. Mais finalement, cela a totalement noyé la propriété de la structure. Il y avait des centaines de tout petits actionnaires. C’était du soutien. Et la question de la propriété ne s’est jamais posée. En revanche, on avait besoin de financements plus importants que le capital et on a emprunté, à la banque et à un des participants qui avait les moyens. Ce n’était pas strictement de la propriété, mais c’était quand même la possibilité d’une " influence ". On l’a neutralisé en étant tous signataires d’une caution solidaire de l’emprunt. » (Le Papier Mâché). « On a bien veillé à être tous propriétaires de la même manière. Chacun a eu les mêmes parts de capital et à chaque nouveau, on rerépartit. Pour ceux qui n’avait pas l’argent, on a fait des retenues sur salaire, mais en faisant en sorte que cela ne dure pas plus d’un an. L’effort n’était pas si considérable. » (La Péniche)

Dans nos sociétés, la propriété juridique est source de pouvoir absolu sur le bien possédé. Il y a donc une condition préalable indispensable de cette autogestion radicale et immédiate : la propriété collective et égalitaire de la structure. Il s’agit avant tout que la structure n’appartienne pas à quelqu’un d’autre que ceux qui y travaillent ni qu’elle appartienne plus à certains qu’à d’autres. Il s’agitsurtout de neutraliser toute possibilité de prise de pouvoir extérieure ou intérieure plutôt que d’assurer à chacun une possession. Se pose bien sûr la question de l’apport des capitaux nécessaires au fonctionnement de l’entreprise : tout le monde n’en a pas les moyens. Cela peut constituer une véritable objection dans nombre de cas. Mais cela ne l’est pas dans nombre d’autres. L’ampleur de l’investissement nécessaire dépend évidemment du type de projet économique. Une activité de service demande moins de capitaux qu’une activité industrielle, mais il est toujours possible de commencer petit.

Il est bien sûr difficile de définir un seuil précis. Certains ont plus de disponibilités que d’autres. Mais les emprunts existent, aux familles, aux amis, aux banques. Ils peuvent être remboursés par un prélèvement plus ou moins modeste sur les rémunérations. On peut également commencer modestement et réaliser une accumulation de capital progressive. Enfin, plus d’un Français sur deux est propriétaire de son logement ; il a souvent pour cela économisé sur un plan d’épargne logement et emprunté ensuite des sommes importantes. Peut-être certains pourraient s’interroger sur cet indispensable accès à la propriété du logement et sur ce dispensable accès à la propriété de son outil de travail ? Consacrer quelques centaines d’euros pendant quelques temps à la propriété de son outil de travail peut paraître essentiel et pas hors de portée. L’essentiel pendant cette période est de veiller à une scrupuleuse égalité de la répartition de la propriété.