Il faut sauver O.S.E.R. !Mis en ligne par Sylvain Bouchard / Scop La Péniche - 21/01/2007
O.S.E.R. c’est quoi ?Les initiales veulent dire Objectif Solidarité Et Réinsertion. C’est une association à but non lucratif. Elle gère à Bourg en Bresse plusieurs services et établissements :
Ces services bénéficient pour leur fonctionnement de moyens alloués par l’Etat (DDASS) sous forme de subventions et de dotations. L’hôtel du « Temps des cerises » est financé grâce aux loyers payés par les personnes qui y résident. L’association a pour but : « toutes activités sociales contribuant à lutter contre l’exclusion, favoriser l’intégration, renforcer la solidarité à tous niveaux (droit au logement, à la formation, à la santé, etc....) » Elle a comme mission principale l’accueil et l’accompagnement des personnes que les aléas de la vie ont amenées à pousser la porte de l’institution. Qui sont-ils ?Des femmes et des hommes âgés de 18 à 65 ans, seul(e)s ou vivant en couple, avec ou sans enfants. Ils sont contraints de faire appel aux travailleurs sociaux suite aux vicissitudes et aux malheurs de l’existence : perte d’un travail, impossibilité de trouver un logement, violences conjugales, exil politique ou économique, problèmes d’insertion suite à une incarcération ou à un séjour en hôpital psychiatrique, ruptures familiales multiples, mal de vivre... Tous ont en commun d’avoir des revenus précaires et modestes : Revenu Minimum d’Insertion (RMI) , bénéficiaires de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH), salariés intérimaires, smicards, chômeurs indemnisés ou non. Que trouvent-ils à OSER ?D’abord le gîte et le couvert. Souvent les personnes qui arrivent au FAR (Foyer d’Accueil et de Réinsertion) ont passé plusieurs nuits dehors, parfois sans manger. Les repas chauds, la sécurité d’une chambre sont les conditions indispensables pour envisager un autre avenir que l’errance d’une ville à l’autre en quête d’un abri. Ils trouvent surtout une écoute attentive, sans a priori et attentionnée. L’accueil est immédiat, en fonction des places disponibles. Le foyer est ouvert 24h/24h, tout au long de l’année. La durée de séjour va de quelques nuits à plusieurs mois, en fonction des objectifs et des projets élaborés avec l’équipe éducative : recouvrement des droits, prise en charge des problèmes de santé, recherche d’une formation professionnelle ou d’un emploi, installation dans un logement, apurement des dettes, conseil juridique, etc. Les résidents concourent financièrement à la prise en charge des frais d’hébergement en proportion de leurs revenus (20%). Ce sont eux qui assurent l’entretien de leur chambre et des locaux communs. Ils contribuent à la vie du Foyer en participant au Conseil de vie sociale et sont représentés au Conseil d’Administration de l’établissement. Qui sont les salariés d’OSER ?Une équipe de travailleurs sociaux d’une vingtaine de membres qui assurent la gestion des services et des établissements. La plupart ont un diplôme : assistant social, moniteur éducateur, éducateur spécialisé, aide médico-pédagogique, conseiller en économie sociale et familiale, aide puéricultrice. Les non diplômés se voient offrir la possibilité d’une formation en cours d’emploi. Les décisions sont prises collectivement au cours d’une réunion hebdomadaire et il n’existe pas de pouvoir hiérarchique. Les responsables sont élus par les salariés qui contrôlent leur mandat. Ils partagent leur temps de travail entre la gestion de l’établissement et l’accompagnement des personnes hébergées. Chaque salarié effectue un travail en internat comprenant des nuits et des week-end. Les primes liées au salaire sont partagées équitablement ce qui réduit considérablement la hiérarchie des revenus (environ 500€ entre le plus haut et le plus bas salaire). A quoi sont dues nos difficultés ?La politique actuelle repose sur la volonté de réduire les dépenses publiques. Les budgets de la santé subissent cette orientation depuis plusieurs années et celle-ci engendre de graves problèmes financiers pour les établissements. C’est maintenant au tour du secteur social de subir cette diminution des moyens. En ce sens, ce qui arrive à OSER n’est pas exceptionnel. De nombreux centres d’hébergement ont du fermer leurs portes ou accepter d’être absorbés par de plus gros pour survivre. Dans le même temps, c’est la fonction même du travail social qui est remise en cause : il s’agit plus aujourd’hui d’encadrer et de surveiller des populations considérées comme responsables de leur situation, que de les aider à construire un avenir meilleur. A ces difficultés liées au contexte économique national s’ajoute un acharnement des pouvoirs publics locaux :
Les raisons de cette frénésie sont complexes. Il semble bien que le fonctionnement d’OSER, où les salariés discutent les instructions de la DDASS plutôt que de les appliquer mécaniquement, ne soit plus dans l’air du temps. La volonté de mettre au pas ceux qui contestent le bien fondé et la pertinence des politiques sociales mises en œuvre est réelle, comme le montrent les difficultés rencontrées par OSER pour l’accueil des demandeurs d’asile. Enfin, la proximité, la solidarité active, cette quasi fraternité que nous nous efforçons de promouvoir vis à vis des personnes dont nous avons la charge, l’accueil inconditionnel « à la porte » de personnes très différentes, la volonté de favoriser la vie en collectivité contredisent les volontés actuelles d’individualisation des parcours, d’étiquetage.
Quelles conséquences ?La suppression ou la diminution des moyens financiers a entraîné la mise en œuvre d’une procédure d’alerte par le Commissaire aux comptes. Si rien ne bouge, c’est à terme la liquidation de l’association qui est envisagée. La plupart des salariés perdraient leur emploi mais au delà ce sont les populations accueillies qui une fois de plus feraient les frais des incohérences des pouvoirs publics. Pouvons nous en sortir ?Les sacrifices consentis par les salariés d’OSER (non remplacement des personnes en arrêt maladie, non-paiement de plusieurs salaires) n’ont pas permis de sortir l’association de l’ornière. Un contentieux tarifaire partiellement perdu va aggraver les difficultés de trésorerie. Mais il y a pire : pour l’année 2006, la DDASS parachève son entreprise de démolition. Elle diminue à nouveau de 20% par rapport à 2005 l’enveloppe qu’elle nous attribue. Dans ces conditions, seule une forte mobilisation peut contraindre la tutelle à renoncer à ses projets. L’essentiel, c’est la solidarité que nous témoignent celles et ceux qui, sans partager l’ensemble des orientations d’OSER, voient bien que sa disparition serait une perte pour le tissu social du département. C’est de cette solidarité dont nous avons le plus besoin.
Alors dites le, écrivez le, faites le savoir ! POUR NOUS SOUTENIR : OSER 5bis, rue des Crêts 01000 Bourg en Bresse Email : OSER-LeFar@wanadoo.fr Site Internet : http://www.oser-lefar.org/ Un état (en audio) de la situation d’OSER au 9 février 2007
Il faut sauver O.S.E.R. !
NE GALVAUDONS PAS L’AUTOGESTION
Il est effectivement intéressant de regarder le fonctionnement de cette association par un autre oeil que le sien.
Je vous renvoie à l’objetivité de Laurent Guigon du journal le monde, qui évoque dans l’article "Dans l’Ain, le 115 est l’otage d’une querelle" du 14.11.05, une association "Dirigée par trois membres de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR)".
je n’en rajouterai pas sur le quotidien de cette organisation si bien décrit dans le message ci-dessus.
Sauver O.S.E.R. ! .... Et proposer un autre son de cloche ! Ding Dong !
OSER ne fonctionne pas du tout en autogestion. c’est, contrairement à ce qui est clamé sur tous les toits (et même ailleurs...) un fonctionnement bel et bien hiérarchisé et hiérarchique. il s’agit pour un petit groupe de salariés, de diriger une structure -à caractère social- comme bon lui semble, c’est à dire sans prendre l’avis de la majorité des travailleurs sociaux salariés. Une structure de fonctionnement basée sur la peur, l’intimidation, la dévalorisation et la mise à l’écart de ceux qui ne rentrent pas dans le rang et qui l’ouvrent un peu trop durant les temps de réunion où, soi disant, toutes les décisions sont votées. Nous pouvons évoquer là des notions de harcèlement, de pressions morales, voire psychiques (pour employer un terme fortement tabou et dénigré dans ce petit monde autoritaire et autarcique).
De plus, non content de faire règner la Terreur (pesons les mots) auprès des salariés, ce petit groupe fait régner aussi la peur et l’intimidation sur les personnes accueillies, avec des méthodes qui peuvent rappeler certains mouvements de pensées et certaines époques...
Hey, mon ami, qu’est-ce que tu dis là avec ta bouche ??? Tu blasphèmes, tu dénigres, tu craches dans la soupe, tu es drôlement en colère, on dirait ??? Non, non ! Trêve de plaisanterie, je fus à une certaine époque, partie prenante de cette organisation, en en étant moi-même salarié. Je passe les insultes que j’ai pu essuyer, les dénigrements dont j’ai fait l’ objet, ainsi que les franches mises à l’écart et les désaprobations insultantes vécues. J’ai eu la chance de prendre conscience d’un certain fonctionnement pervers, ce qui m’a permis de démissionner à temps. Par contre, un collègue, avec qui je partageais une certaine ouverture d’esprit et une propension à ne pas se laisser marcher sur les pieds, à lui, subi de plein fouet les foudres du trio dirigeant, voire du directeur en personne (oui, oui, un directeur dans une autogestion) et s’est retrouvé licencié dans des conditions plutôt ’olé olé’... En désaccord avec les dispostions utilisées lors de son licenciement, il a préféré faire appel aux prud’hommes... Bien lui en a pris car quelques mois plus tard, il a gagné ce bras de fer. Voilà, pas de colère envers ces personnes, simplement une envie et un besoin d’apporter un témoignage. Ni arme. Ni haine. Ni violence. LuluK |