Les hauts revenus en France au XXe siècleMis en ligne par Christian Vaillant - 7/07/2006
Qu’est-ce que les hauts revenus ont à voir avec l’autogestion ? Ben... Tout est dans tout... Plus sérieusement, outre tous les aspects passionnants qu’aborde ce gros et remarquable ouvrage bourré de chiffres et en tous points excellent, il nous pose une vraie question de fond, très bien synthétisé en conclusion :
« Il est extrêmement frappant de constater que l’inégalité des salaires, au-delà des multiples fluctuations de court et moyen terme, n’a en réalité pratiquement pas changé sur longue période [1914-1998]. Par exemple, les 10% des salariés les mieux rémunérés ont toujours disposé d’un salaire moyen de l’ordre de 2,5-2,6 fois le salaire moyen de l’ensemble de la population [environ 5 fois le Smic], les 1% des salariés les mieux rémunérés ont toujours disposé d’un salaire moyen de l’ordre de 6-7 fois le salaire moyen de l’ensemble de la population [12-14 fois le Smic], etc. Les différentes formes de travail humain se sont totalement transformées entre les deux extrémités du siècle, et le pouvoir d’achat moyen a été multiplié par un coefficient de l’ordre de 5, mais la hiérarchie des rémunérations est restée la même. Cette impressionnante stabilité doit sans doute être mise en parallèle non seulement avec la permanence des écarts de qualifications et de formations, mais également avec le très large consensus qui a toujours entouré ces hiérarchies salariales : l’inégalité des salaires n’ont jamais été véritablement remise en cause par quelque mouvement politique que ce soit. » Tout cela est très abondamment illustré et démontré dans le chapitre consacré à la question. Il est probablement normal de trouver avant tout scandaleux les inégalités de patrimoines et de revenus de patrimoines : elles sont à la fois plus grandes et plus injustes. Pour autant, que la quasi totalité de la société française se satisfasse d’une telle hiérarchie des revenus du travail au nom d’une quelconque méritocratie laisse peu de marge de conviction à notre égalitarisme autogestionnaire.
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