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L’autogestion, une idée toujours neuve

Mis en ligne par Christian Vaillant - 9/06/2006

Un petit recueil rétrospectif d’articles sur les différentes expériences autogestionnaires à travers le monde et l’histoire : les soviets de 1917 à 1921, l’Espagne de 1936 à 1939, la Yougoslavie des années 1960 et 1970, Lip 1973, l’Argentine, le Brésil et le Mexique aujourd’hui, plus quelques expériences ou mouvements au Canada, en Suisse et en Grande-Bretagne ces dernières décennies.

En 70 pages, on imagine que c’est très court sur chaque cas. C’est donc plus un aide-mémoire et un bréviaire pour militant déjà bien informé. Un bréviaire parce qu’une ligne politique traverse le recueil :

- même si les expériences sont admirables (surtout quand elles sont loin dans l’espace ou le temps, et beaucoup moins quand elles concernent directement nous et les auteurs), elles sont forcément vouées à l’échec tant que l’ensemble de la société ne sera pas autogérée ;
- l’autogestion en acte n’est qu’une préparation à l’avènement de la société future ;
- elle a peu de mérite en soi et n’a pas de possibilité d’existence car elle est combattue avec férocité par le marché, le patronat et l’Etat.

S’ajoute une critique sans appel de ceux qui ont pu penser changer la société progressivement par la multiplication, l’extension et la coordination de ce type d’entreprises. La preuve ? Cela n’a pas marché. On connaît bien en revanche le succès historique des anars...

Ne soyons pas bêtes et méchants : effectivement la partie radicale de l’économie sociale née au 19e s’est faite rattrapée par le marché. Mais, comme dans les entreprises autogérées d’ici et maintenant, il s’agit plus du marché, des hiérarchies, des paresses intellectuelles qui sont dans nos têtes ; ce sont eux qui représentent le principal risque et qui font échouer les projets autogestionnaires, au moins en dehors des périodes « révolutionnaires ». En temps ordinaire, le marché n’est ni plus ni moins impitoyable qu’avec n’importe quelle entreprise. Ce qui interroge les entreprises autogérées en ce qu’elles sont autogérées est avant tout interne, assez peu externe.