L’autogestion en 10 questions
Est-ce que ça marche économiquement ?
Est-ce que ça marche économiquement ?
Est-ce que ça marche économiquement ?Mis en ligne par la peniche - 18/08/2005 Si l’entreprise autogérée refuse a priori la course au profit, elle doit pourtant se poser la question de la viabilité économique. Il est d’autant plus facile de partager le gâteau, qu’il y a du gâteau. Pour pouvoir se salarier, payer ses factures, développer des activités, il faut dégager des ressources. Bref, créer de la richesse. Pour que le projet collectif vive et se développe selon ses propres critères, dans l’autonomie, il doit donc être viable économiquement.
Quand l’autogestion est une réussite économique, l’exemple d’Ardelaine Il y a 25 ans un collectif autogéré reprend une filature abandonnée de Saint Pierreville au cœur de l’Ardèche en plein exode rural. En 1982 naît la Société coopérative ouvrière de production Ardelaine (contraction d’Ardèche et de laine) forte de 15 associés et 1 salarié. Aujourd’hui, l’entreprise autogérée distribue des salaires égaux à ses 25 salariés dont 18 sont aussi coopérateur et 10 participent au collectif de vie. Le succès économique d’Ardelaine et les convictions autogestionnaires de ses acteurs sont indissociables. Relancer l’industrie de la laine, excessivement compétitive, dans cette région déprimée, sans capital financier initial n’était sérieusement envisageable que sur des bases coopératives et solidaires. L’idée est d’intégrer totalement le processus de production en misant sur la qualité, humaine et environnementale. La laine est ainsi achetée à des prix supérieurs à ceux du marché, elle est non traitée, lavée avec un savon biodégradable, ces eaux sont ensuite retraitées dans une station d’épuration aménagée sur le site, des normes bien au-delà des obligations légales. Quand à sa consommation d’énergie, l’entreprise valorise au mieux les ressources du site grâce à sa propre centrale hydroélectrique. Ardelaine est ainsi devenue au fil des années le premier employeur de la région. 300 éleveurs de l’Ardèche et de la Haute-Loire ont adhéré à une charte de qualité garantissant à Ardelaine 40 tonnes de laine “ Bio ”, qu’elle transforme après avoir tondu pas moins de 50 000 montons. Aujourd’hui l’entreprise est en passe d’intégrer l’ensemble de la filière laine (la tonte, lavage, cardage, filage, tricotage) et assure elle-même la commercialisation de ses produits. Depuis 1986 Ardelaine est par ailleurs installée dans la ZUP de Valence pour la partie confection de ses ateliers. Enfin, en 1991, la création du Musée vivant de la laine et du mouton en partenariat avec l’association locale “ la maison du Châtaignier ”, permet la venue de 30 000 visiteurs annuels dans le village. Une structure autogérée dispose d’atouts pour mettre en oeuvre son projet que d’autres modes d’organisation du travail n’ont pas. Elle s’appuie en effet sur sa première richesse : les membres du collectif. L’union fait la richessePar définition beaucoup plus impliqués dans un projet autogéré, les membres du collectif donnent le meilleur d’euxmêmes car d’eux seuls dépend leur devenir économique. N’étant pas en situation d’exploitation, ils n’ont pas à craindre de se voir déposséder des fruits de leur travail.Au contraire, ils ont beaucoup de choses à retirer du collectif. S’engager dans un projet autogéré amène forcément à partager collectivement l’ensemble des ressources. Les ressources, réseaux de connaissances, compétences, savoir-faire, profitent alors au collectif. Dans une organisation qui ne privilégie pas le mérite individuel mais la progression collective, ces ressources circulent d’autant mieux et collaborent d’autant plus efficacement. L’autogestion permet donc un travail d’équipe véritable. Dès lors, l’entraide, la solidarité, le travail commun prédominent ce qui ne peut avoir qu’un effet bénéfique sur la qualité de la production ou du service. En permettant un mode de fonctionnement « pacifié », la structure autogérée produit une qualité de travail qui a des effets bénéfiques sur le plan économique. Des marges de manoeuvre plus importantesÉtant leurs propres patrons, les travailleurs peuvent s’adapter autant qu’ils le souhaitent aux contraintes économiques qui pèsent sur la structure. L’autogestion permet donc une plus grande flexibilité (dans le bon sens du terme) du travail. Non seulement pour adapter les horaires en fonction des envies de chacun mais aussi pour suivre les évolutions de la production. Dès lors que chacun est responsable au même titre que les autres face aux contraintes qui s’imposent au collectif, ces contraintes sont gérées et assumées collectivement. Elles pèsent donc moins fort sur un individu pris isolément et la réponse qu’on y apporte est d’autant plus efficace qu’elle est portée par tout le groupe. Cette capacité d’adaptation peut aussi jouer sur les salaires et ainsi influer fortement sur la viabilité du projet. À partir du moment où tout est partagé, qu’il n’y a pas de soupçon d’appropriation de la valeur ajoutée, on accepte plus facilement par exemple de baisser son salaire pour que la structure passe un cap difficile pour poursuivre une activité qui tient à coeur même si elle n’est pas forcément rentable. Et la flexibilité peut aussi jouer dans l’autre sens. Si les choses se passent bien, que la structure dégage un peu d’excédent, le collectif a toute latitude pour en faire ce qu’il veut : se le partager, investir pour la structure ou développer de nouvelles activités. L’autogestion n’est pas de l’auto-exploitation. A gérer collectivement, on fait ce que l’on veut. Au collectif de tracer les limites qu’il se donne, forcément plus souples que dans une entreprise traditionnelle où toute remise en question des salaires et des conditions de travail au nom de l’équilibre économique est inadmissible. Que faire si on est hors modèle économique ?Que faire si l’on est sous le modèle viable ? Arrêter ? Baisser les salaires ? Augmenter la productivité ? Au moins peut-on faire des choix lucides si l’on connaît la gestion et que cette connaissance est partagée par tous. On peut alors réellement choisir entre les trois options proposées dont aucune ne constitue forcément un constat d’échec. L’intérêt du contenu de l’activité ou du mode de fonctionnement peut entraîner différents types de réponses pour permettre la continuation. Certains ont ainsi été loin dans la “ créativité ”. À Ardelaine (Ardèche), face à l’énormité de l’effort initial à accomplir au regard des possibilités financières de chacun, ils ont décidé de mutualiser leurs revenus. En réalisant ainsi d’importantes économies sur la vie quotidienne, ils ont pu supporter une longue période de très bas revenus, permettant ainsi l’accumulation initiale nécessaire. Que faire si l’on est au-dessus du modèle ? Bien que moins souvent, cela peut arriver. Bien sûr, les choix sont alors multiples. On peut décider d’augmenter les salaires, de baisser les prix. Mais on peut aussi décider de travailler moins pour embaucher de nouveaux venus. On peut également décider de moduler ses tarifs selon le type d’interlocuteurs. On peut investir le surplus dans de nouveaux projets. Là encore plus, l’imagination devrait permettre de ne pas se limiter à créer un îlot de riches autogérés au milieu d’une société de pauvres et de chômeurs. Faut-il se faire subventionner ?Certaines activités n’ont pas de viabilité économique autonome car leur prise en charge est largement socialisée. Ce qui est d’ailleurs une bonne chose, même si certains parleront plutôt d’étatisation que de socialisation. C’est le cas de l’éducation, de l’action sociale, etc. Ce peut être également le cas, au moins en partie, dans le développement local. Le financement de ces activités passe obligatoirement par la subvention. Comment conserver son autonomie et son fonctionnement autogestionnaire dans ces conditions ? Le financeur, souvent unique, ne risque-t-il pas d’imposer ses règles ? Les exemples de La Montagne vivra et de Oser à Bourg-en-Bresse montrent qu’un service social peut fonctionner selon ses propres règles, y compris en ne respectant pas le mode hiérarchique des fonctions et des rémunérations pourtant scrupuleusement prévu dans le mode de financement de cette activité. Pourvu que le service soit rendu selon les critères prévus et pourvu que le financement soit celui prévu par les normes, le financeur est souvent susceptible de ne pas se mêler du fonctionnement interne de la structure. Au même titre d’ailleurs que le client “ capitaliste ” d’une structure autogérée est le plus souvent indifférent au fonctionnement interne de son fournisseur autogéré. La question à se poser vis-à-vis de la subvention est donc avant tout de savoir si elle risque d’aliéner l’autonomie de la structure, de la rendre durablement dépendante. Il n’y a aucune raison de chercher les subventions à tout prix si l’activité ne se situe pas dans le cadre des activités socialisées actuelles.
Est-ce que ça marche économiquement ?
Chaque année les structures d’aide au réfugies et/ou migrants sont de moins en moins subventionnées. Ce sont donc des structures d’aide social qui s’inscrivent dans un partenariat avec des institutions étatiques, d’aide à la recherche d’emplois, de santé, etc... sachant que la baisse de moyens est fatalement inquiétante pour ses structures. l’Autogestion n’est elle pas une réflexion intéressante pour le futur de ces centre d’accueil ? comment concilier le projet d’insertion des usagers de ses centre grâce à l’autogestion ? et enfin comment financer son activités (en partant du principe que les subventions ne seront pas énormes) ? En gros comment imaginer, trouver d’autre sources de financements ? Est-ce que ça marche économiquement ?
très sceptique sur ce genre d’expérimentation L’autogestion est impossible à long terme dans une socièté qui ne l’est pas. En ne s’attaquant pas aux fondamentaux : la propriété privée, le captialisme ou le prêteur arrête l’expérience quand il le veut(investissements financiers, achats de la production...) Oser à bourg en bresse est en liquidation judiciaire voire fermée |